jeudi 15 octobre 2015

Séjour à Belem - suite

Durant le week end qui a suivi mon arrivée, nous sommes allés voir l’ancien port de commerce de Belem, Ver-o-peso, actuellement transformé en promenade. C’est assez particulier parce que c’est entouré de grilles, qui permettent aux touristes et aux gens plus aisés d’être tranquille et de ne pas avoir à craindre d’agression. A tel point que la police surveille les entrées et sorties, arme en évidence. Le port se tient sur le bord du fleuve, comme on peut le voir sur les photos. On y a mangé des glaces, j’ai découvert ce que c’était que les açai, des petits fruits rouges. J’ai aussi gouté une glace au tapioca, à la mangue… c’était trop bon !!!





Erica, Clebiana, pis moi

On y est retourné le dimanche 27 pour voir l’éclipse de lune. C’était beau, on était bien dans l’herbe à regarder la lune changer de forme et de couleur…
La semaine qui a suivi a été marquée par la reprise du travail (parce que tout de même je suis là pour ça). La collection de l’herbier du Museo Goeldi est moins importante que celle de Rio mais tout aussi intéressante. Et à la différence de Rio, les gens sont vraiment adorables. Attention, je ne dis pas que les gens n’étaient pas amicaux à Rio, bien au contraire, j’ai été très bien reçu. Mais là, à Belem, c’était vraiment impressionnant. Au cours de la semaine, on est allé assister à ce qu’on appelle une « baby shower » au Canada. Au Brésil, c’est une célébration de chaque mois après la naissance d’un bébé jusqu’à ce qu’il atteigne un an. Ce sont les collègues du labo qui m’y ont amené, parce que c’était pour le bébé d’une autre collègue. Bref. Ne parlant pas la langue c’était difficile pour moi et je suis plutôt resté dans mon coin, mais les gens venaient sans arrêt demander comment ça allait, si j’aimais Belem, comment se déroulait le travail… Assez perturbant au début pour moi qui suis habitué à une certaine réserve, c’est mon côté coincé européen qui ressort, même si ça s’est amélioré après un passage au Québec. Il y avait aussi quelques enfants, c’était très drôle parce qu’ils essayaient de parler anglais avec le peu de mots qu’ils connaissaient.
Petite parenthèse ici : je parle de mon côté coincé, en comparaison avec les habitudes des brésiliens. Pour se dire bonjour/au revoir, c’est pas juste une bise ou une poignée de main, c’est une franche embrassade (genre gros câlin que tu fais à ta pote que tu connais depuis 10 ans et que tu viens de voir après un an passé à l’étranger)… mais là, c’est avec tout le monde, même – et justement – les étrangers. Ben ça surprend. Et pis c’est sur qu’au départ ça m’a mis mal à l’aise. Bref, les brésiliens le savent bien, qu’en général ce comportement surprend les étrangers, donc ils évitent de se montrer trop démonstratif au départ. Sauf qu’à cette « baby shower », les enfants, eux, se comportent pareillement avec tout le monde. Donc beaucoup d’embrassades. Pis tu peux pas dire non quand un gamin de huit ans te saute dans les bras. Et donc, après coup, une fois rentré à la maison, ma coloc’ m’a dit qu’elle et les autres adultes avaient eu un peu peur de ma réaction face à cette… spontanéité enfantine, mais bon au final je m’en suis bien sorti (vis-à-vis d’eux) parce que je n’ai pas eu de mouvement de recul. Ouf.
Le week end suivant, on est allé… à la plage. Pour ça, on a du prendre le bus longue distance, depuis la gare routière. Des bus assez anciens, mais avec la clim quand même. Je me suis mis à côté d’une fenêtre pour prendre quelques clichés et aussi une vidéo, pour que vous voyiez à quoi ça ressemble, même si c’est pas forcément représentatif.





Après environ 1h30 de voyage, on arrive à la plage. Mais pas au bord de la mer, c’est beeeen trop loin. C’est dans l’intérieur des terres, à Mosqueiro précisément. On y a retrouvé Paula (collègue de travail) et son copain/mari. Déjeuner sous les palmiers, les pieds dans le sable : du poisson frit, du riz, de la farine de manioc et des fèves. Très typique comme alimentation. Quelques plongeons, mais surtout, profiter de la vue et de la tranquillité, pour une fois, pas de musique à fond les basses !











Le jour précédent, on a aussi visité une sorte de zoo/jardin botanique en centre ville. Quelques clichés pour la route.

La semaine suivante a été rythmée par la visite d’un autre herbier, pas très loin, l’herbier Embrapas. Il faisait teeeellement froid dedans ! Un cauchemar ! Mais bon comme ça j’ai pas trainé pour y travaillé et j’ai fait tout le travail nécessaire en deux jours.
Le dernier week end passé à Belem a été… très sportif, si l’on peut dire. C’était la célébration de Cirio de Nazare. C’est une graaaande procession en hommage à la Vierge Marie. Bon, je suis loin de comprendre tous les tenants et aboutissants, le pourquoi de l’origine et la signification reliée à l’histoire locale, mais je vais présenter ce que je sais. ça se déroule sur trois jours, vendredi, samedi, dimanche. Le vendredi, grande messe en l’honneur de Cirio dans lune église (mettons, l’église A). Le samedi matin, re-grande messe en l’honneur de Cirio, toujours dans l’église A, puis Cirio est sorti dans la ville et emmené jusqu’à l’église B, mettons. Le dimanche, retour en sens inverse vers l’église A.
Il faut savoir que le vendredi, se tenait au labo une cérémonie en l’honneur de Cirio. Bon, d’après ce que m’avait dit ma coloc’ (qui y participait), c’était pas grand-chose et après y avait un grand buffet pour tout le monde. Alors j’y suis allé. Sauf qu’en fait, c’était une messe. En portugais évidement. Heureusement que je m’étais mis au fond de la salle, j’étais assez gêné (très gêné en fait d’être là), mais bon au final, encore une fois, les brésiliens étaient content que je sois là, et même si certains savaient pertinemment que je n’étais pas catholique (j’en avais discuté avec eux quand ils m’avaient expliqué ce qu’était Cirio), ça n’avait pas l’air de les perturber outre mesure. Bref. La cérémonie prend fin et c’est le banquet ! Au menu : riz, tucupi et manicoba, comprendre, canard et purée de feuilles de manioc. Pour faire le manicoba, il faut cuire le manioc pendant sept jours afin d’en supprimer le poison. Oui oui parfaitement. Et ça a l’aspect entre une purée d’épinards trop liquide et la soupe de cresson, très vert foncé. Mais c’était pas mauvais.
Le samedi, nous sommes allés voir Cirio. Ou plus exactement, la procession en elle-même (du point A au point B). Je dois dire que je n’avais JAMAIS pris un bain de foule aussi dense. Même les manifs parisiennes c’est de la gnognotte à côté. Parce qu’en fait Cirio c’est pas juste une représentation de la Vierge, non non. Cet autel (voir les photos) est tiré par des cordes, qui sont supportées par des gens. Mais le nombre de personnes qui tiennent la corde est tellement important qu’ils sont pressés les uns contre les autres. Une collègue du labo, Cynthia, le fait chaque année, et elle y va pieds nus, tellement les chaussures n’ont aucune chance de résister au piétinement de tous ces gens. C’est tellement épuisant (et surpeuplé) qu’il y a des malaises dans la foule à peu près toutes les cinq minutes. Sans mentir ! J’ai vu passer plusieurs personnes sur des civières !!!
Nous sommes allés rejoindre des collègues du labo (un miracle de les avoir trouvés) puis nous avons vu passer le cortège une première fois.








Ensuite, nous sommes allés à un autre endroit, pour le revoir passer une autre fois. Mais il y avait tellement de monde qu’on a bien failli être séparé, Clebiana, Erica et moi. Bon au final, on a presque réussi à récupérer tout le monde, il y a un collègue qui s’est perdu dans la foule. Visiblement il a réussi à ressortir plus tard. Mais honnêtement… jamais vu un truc pareil.
Après cet évènement, le reste de mon séjour a été plutôt calme. Le dimanche, on est allé chez Cynthia pour prendre un repas en l’honneur de Cirio. A peu près les mêmes plats que ceux goûtés au labo, plus des desserts à la noix de coco et au brigandero, une pâte de chocolat délicieuse. Si je peux j’en ramènerai ou je trouverai une recette. Toute la famille de Cynthia était là et encore une fois, je suis passé pour un extraterrestre, du fait de ma réserve. Mais bon, ça avait l’air d’aller. Et puis, j’ai pu discuter avec un cousin de Cynthia, prof d’anglais, ça m’a fait du bien de pouvoir avoir une conversation un peu plus soutenue qu’avec les balbutiements de portugais que je parle et comprends. Et d’ailleurs j’ai l’intention de prendre des cours de portugais l’hiver prochain, en rentrant à Montréal, parce que je veux garder contact avec tous ces gens et parce que ça sera plus simple d’apprendre le portugais pour moi que d’apprendre l’anglais pour eux. En effet, le portugais et le français sont très similaires, beaucoup de mots se ressemblent et même la conjugaison fonctionne à peu près pareil. Je devrais bien trouver une petite place dans mon cerveau pour apprendre une troisième langue, non ?
Et finalement, le jour du départ est arrivé. Direction Manaus, l’Amazonie et ses mystères…

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